vendredi 26 août 2011

Judo, en attendant Godo

Comme beaucoup de pratiquants d’arts martiaux, j’ai une affection particulière pour le Judo. Déjà parce que c’est la seule discipline accessible aux jeunes enfants et que donc comme beaucoup j’y ai fait mes premières armes, même si ca n’a pas duré. Ensuite parce que j’aime l’esprit qui sous tend la discipline, a l’image de ce qu’on peut voir dans les vidéos de Mifune. Une pratique souple et fine, dans laquelle le combat n’est pas un simple fantasme.

J’aime en revanche moins son évolution, qui en fait pour moi plus un Godo qu’un Judo (Go/Dur, par opposition a Ju/Souple) et je ne prends même plus de plaisir a voir les combats d’athlètes tout en muscles, complètement penchés et qui travaillent tout en force. Plus bourrin tu meurs. J’ai en particulier du mal quand je vois les « victoires » des combattants. Dernier exemple en date Gévrise Emane, qui vient de gagner les championnats du monde (ce qui n’est pas rien, loin de moi l’envie d’enlever quoi que ce soit a la performance ou au travail effectué pour en arriver la) : victoire aux points en finale, victoire par yuko en demies. Il y a de quoi rester sur sa faim.

C’est une sensation de plus en plus fréquente, il est rare de voir de vrais ippons, nets et sans bavure. Tori qui projette Uke sur le dos sèchement. Au lieu de ca on voit souvent deux mecs qui s’accrochent l’un a l’autre et qui tentent de passer un croche pattes tout en force, avant de tomber lamentablement tous les deux au sol… C’est ca un ippon ? Je croyais que c’était une chute sur les deux épaules démontrant le contrôle de Tori tout du long et d’une amplitude suffisante. Mais admettons.

Minoru Mochizuki, pourtant élève de Kano et Mifune, avait pris ses distances du Kodokan pour ses raisons, regrettant cette dérive. Mais peut-on seulement lutter contre ce genre de dérives ? Ou doit-on se contenter d’espérer que tout le monde ne les suive pas ?

jeudi 18 août 2011

Un nouveau déclic lié a Aunkai

J’ai eu un déclic intéressant hier en tant qu’Uke pendant mon cours d’Aikido alors que nous pratiquions un exercice de relâchement. Le but de l’exercice est simple, Uke saisit le poignet de Tori à 2 mains et lui remonte, tandis que Tori doit se relâcher suffisamment pour annihiler l’action d’Uke et l’amener au sol.
Mon déclic a donc été en tant qu’Uke. Alors que mon partenaire commençait à m’amener dangereusement vers le sol, et que j’étais donc dans une position de squat, j’ai essayé de remonter de la même façon que dans Shiko ou TCJ, c'est-à-dire en étant tiré par la colonne vertébrale plutôt qu’en utilisant mes bras pour remonter le sien.
A en juger par le grognement immédiat de mon partenaire, ca fonctionne plutôt bien.

mardi 16 août 2011

Différentes méthodes d'utilisation du corps

Parmi les plus grands maitres actuels (Kono Yoshinori, Kuroda Tetsuzan, Hino Akira, Akuzawa Minoru pour ne citer qu’eux), il me semble que si la façon d’utiliser le corps est au cœur de leurs pratiques, les résultats obtenus sont très différents. Un point qui me semble notamment différer énormément entre Akuzawa et les 3 premiers est la perception par Uke (je précise que je n’ai touché qu’Akuzawa donc ma compréhension pour les autres se limite à ce que j’ai pu en lire).

En effet, Hino (par exemple) semble imperceptible par ses partenaires, qui tombent sans avoir réellement compris pourquoi. Akuzawa au contraire est, a mon sens, plus que perceptible. Se faire frapper par Akuzawa, c’est comme être percuté par un TGV : perceptible mais absolument irrésistible. La comparaison régulière avec une tornade me semble plus qu’appropriée.

A défaut d’avoir pu toucher Hino, Kono ou Kuroda, j’ai le sentiment qu’ils se situent dans un registre plus proche de mon enseignant d’Aikido mais à un niveau plus élevé. Son contact me semble toujours particulièrement intéressant parce qu’il est ferme et doux à la fois. Lorsque j’ai l’occasion de lui servir d’Uke, j’essaie continuellement de trouver une solution pour ne pas être projeté, pour absorber ce qu’il m’envoie. Non pas par « mauvais esprit » comme on peut l’entendre parfois mais pour comprendre ce qui se passe et progresser. A ce jour je n’ai jamais pu bloquer un seul de ces mouvements, ni même le perturber. Pourtant au contraire d’Akuzawa, je n’ai pas l’impression de tenir un roc d’une puissance phénoménale, mais plus une ficelle qui bougerait librement sans s’occuper de moi, de façon totalement relâchée.

Au final une méthode semble plus axée sur le vide et l'autre sur le plein, les deux faces d'une même pièce.


samedi 13 août 2011

Gyokushin-Ryu Aikido (2)

Les informations sur le Gyokushin Ryu Jujutsu sont rares, et le fait qu’il ne reste aucun représentant de la discipline n’aide pas. L’interview de Minoru Mochizuki par Stanley Pranin en avril 1983 ainsi que des articles écrits par David Orange Jr (notamment sur e-budo) permettent de comprendre un peu mieux les liens qui relient Minoru Mochizuki a cette école. Compte tenu du peu de sources disponibles, et même si elles se recoupent, je laisse le conditionnel. Je n’ai pas trouvé de sources en Français mais uniquement en Anglais, il est donc possible qu’il y ait des erreurs de traduction/interprétation de ma part.

En 1924, Mochizuki pratiquait le Judo au dojo de Tokusanbo sensei. C’est à cette époque qu’il a rencontré Sanjuro Oshima, un enseignant de Gyokushin-ryu Jujutsu, un ancien style de Jujutsu, qui vivait près de sa sœur. Cet enseignant souhaitait préserver l’héritage des écoles classiques, et proposa à Mochizuki de lui enseigner gratuitement son art. En plus des cours, un repas lui était offert (apparemment les gâteaux qu’il offrait aux dieux sur l’autel – le vieil homme étant un prêtre shinto).
Les premiers niveaux de l’entrainement du Gyokushin-Ryu étaient uniquement orientés katas, ce qui rendait la pratique particulièrement austère. Apres quelques temps, Mochizuki fut le seul élève. Il obtient le Shoden Kirishi Mokuroku (équivalent à un premier dan) après environ 6 mois de pratique et quitta l’école pour se concentrer sur le Judo, plus ludique. Sanjuro Oshima l’aurait prié de continuer la pratique, lui disant qu’il y avait énormément de sutemis par la suite. D’après David Orange Jr, Minoru Mochizuki n’aurait pas réellement appris les sutemis à cette époque, mais les katas et le poème de l’école (je precise que sa source est Minoru Mochizuki).

Dans l’interview de Stanley Pranin, Mochizuki sensei se remémore les paroles de son maitre : « Le nom de notre tradition est le Gyokushin Ryu. Les kanjis qui composent ce nom signifient « esprit sphérique ». Une balle qui roule librement. Peu importe de quel côté elle est poussée elle s’éloignera en roulant. C’est l’esprit que le Gyokushin Ryu cherche à transmettre à ses membres. Si vous faites cela, rien au monde ne pourra vous perturber ».Ces mots prirent réellement sens quelques décennies plus tard pour Mochizuki lorsqu’il atteint l’âge de 50 ans. Il chercha alors un représentant de l’école et découvrit qu’il en était le seul diplômé encore en vie. C’est ainsi qu’il se consacra a recréer cette école et redécouvrir ses techniques (en particulier les fameux sutemis).

Concernant le nom de l’école, Mochizuki considérait les sutemis qu’il enseignait comme « Yoseikan Ryu Gyokushin Jujutsu ». A la fin de sa vie, Minoru Mochizuki transmit son école à son fils Hiroo, fondateur du Yoseikan Budo. Ses anciens élèves se regroupèrent sous le nom de Seifukai, ne pouvant plus utiliser le nom Yoseikan. Lorsqu'il décida de quitter le Seifukai, Washizu sensei nomma sa pratique Gyokushin Ryu Aikido.

vendredi 12 août 2011

S’entrainer au Japon

Comme beaucoup de pratiquants, j’ai longtemps rêvé de m’entrainer au Japon. Le rêve (l’illusion ?) d’être Uchi Deshi et de s’entrainer sous la direction d’un maitre. Il m’aura fallu quelques années et de la persévérance pour y parvenir, aller s’entrainer au Japon n’étant pas forcement simple pour un Gaijin.

Plusieurs lieux peuvent accueillir les pratiquants, et pour chacun d’eux les formalités sont différentes. Une lettre de recommandation n’est pas toujours nécessaire, mais souvent recommandée.

Les Hombu Dojos des grandes associations
C’est certainement le plus simple. Le Kodokan, l’Aikikai, le Kyokushinkai, et d’autres sont ouverts aux étrangers qui souhaitent s’entrainer de quelques jours a plusieurs mois, ainsi bien entendu qu’aux résidents. Pour les pratiquants de ces disciplines, c’est bien évidemment le chemin le plus simple !

A ma connaissance, avoir une recommandation pour ces lieux n’est pas nécessaire mais elle peut ouvrir quelques portes. Si Christian Tissier vous recommande chaudement auprès de l’Aikikai, votre visite ne sera certainement pas la même.

Les disciplines plus confidentielles
La c’est tout de suite plus difficile et une recommandation sera vivement recommandée. Celle-ci ne peut pas être écrite par n’importe qui, et il n’est bien sur pas possible de recommander 50 personnes par an sans engager sa crédibilité…

Il m’aura fallu presque 2 ans entre mon arrivée en Asie et mon premier entrainement dans un dojo de ce type. J’avais alors rejoint un groupe de pratiquants du Nihon Tai Jitsu, recommandé par Roland Hernaez. L’entrée dans ces dojos est plus difficile, mais vous faites partie de la famille. Evidemment, pratiquer la discipline au préalable peut grandement faciliter, en particulier si votre prof fait partie des grandes figures.

Chez certains maitres, c’est au contraire beaucoup plus facile. Notre visite chez Akuzawa sensei a par exemple été permise par Kwoon Info, grâce a l’un des élèves avancés du maitre.

Une fois que les personnes sont connues, tout est immédiatement plus simple. Je peux ainsi repasser facilement chez Akuzawa sensei et j’ai tissé d’excellents liens avec le Seibukan lors de ma deuxième visite puis de leur passage a HK.

Plusieurs autres éléments sont à considérer pour pratiquer au Japon, notamment la barrière de la langue et le logement.

La barrière de la langue
Certains diront que dans une discipline corporelle, il n’est pas nécessaire de parler et que l’enseignant arrivera toujours à faire comprendre par les gestes. Ca me parait plus difficile que cela pour certaines disciplines. Par exemple, je ne conçois pas Aunkai sans explications, la force de la discipline réside dans la précision des explications d’Akuzawa et dans la générosité avec laquelle il les dispense. Au Daito Ryu, on pourrait penser que le geste aurait été suffisant, mais ils avaient embauché un traducteur. En plus de la facilité pour communiquer pendant le diner, les explications sont toujours les bienvenues.

Bien sur, si vous parlez japonais ca règle le problème et vous ouvrira également d’autres portes. Le Japon est un pays que l’on ne peut vraiment comprendre qu’en parlant la langue (a mon grand regret parfois, même si mes amis japonisants me donnent des pistes de compréhension).

Le logement
Dormir au dojo fait partie du rêve, mais comme on peut le deviner a la lecture de mon article précédent, ca n’est pas toujours possible, les associations étant souvent locataires.

Se loger au Japon a clairement un prix. Les hôtels sont chers, les chambres petites et les entrées de gamme n’existent pas réellement. Un hôtel convenable à Tokyo (pas du grand luxe) coute facilement 100 euros la nuit. Certains Ryokan comme le New Koyo par exemple sont tres peu chers mais nécessitent de réserver longtemps à l’ avance.

jeudi 11 août 2011

Les dojos au Japon

Le dojo (道場), littéralement le lieu où l’on étudie la voie, fait l’objet de nombreux fantasmes, en particulier de la part de pratiquants non japonais. Moi le premier, j’imaginais un lieu presque sacré, avec des tatamis en paille de riz et une ambiance particulière, appartenant a une école spécifique. En réalité, si ces dojos existent, ils ne sont probablement pas la majorité, l’immobilier au Japon étant une réalité bien connue.

J’ai eu l’occasion lors de mes séjours au Japon de voir différents types de dojos. Il en existe probablement d’autres, et si c’est le cas je serai ravi de les découvrir.

Les grandes associations
Des associations comme le Kodokan (Judo) ou l’Aikikai (Aikido) ont bien évidemment des dojos de très grande taille pour accueillir les étudiants locaux comme étrangers. Je n’ai pas visité l’Aikikai mais je suis passé au Kodokan. Celui-ci a plusieurs étages de tatamis, et comme vous pourrez le voir sur la photo ci-dessous, un étage est suffisamment grand pour accueillir plusieurs cours. Au Kodokan il est également possible de regarder les cours du dernier étage depuis les tribunes. Un bon moyen de découvrir la discipline sans servir de sac !



Les petites associations
C’est le cas du Seifukai (ex Yoseikan Aiki) de Shizuoka. Le dojo était le rez de chaussée de la maison de Minoru Mochizuki, aujourd’hui l’étage a été rasé et le Seifukai est locataire. C’est pour moi le type de dojo le plus marquant dans le sens ou il est intimement lié a une école. Bien que n’étant plus propriétaire et malgré le décès du Me Mochizuki, les murs sont couverts de photographies, de diplômes, de souvenirs. Ici une photo avec le Me Mifune, la un diplôme honorifique du NTJ. On y trouve également un autel au fond de la salle. Le lieu est chargé d'histoire.




Les salles publiques
Il est possible au Japon de louer des dojos magnifiques, mi-tatamis, mi-parquet. Ils peuvent être loués de façon exclusive (comme nous avons pu le faire avec le Daito Ryu Takumakai a Osaka) ou être partagés. Dans ce dernier cas, on peut voir différents petits groupes se partager la salle et pratiquer. Nous avons eu le cas lors de notre séminaire avec Akuzawa : nous avions a cote de nous du Shorinji Kempo (pas le SK « classique » mais une école de Karaté du même nom), un sabreur, des pratiquants de Wushu et des boxeurs thai. Amusant quand on connait la culture du secret propre aux AM Japonais !




Les autres lieux
Une autre surprise fut ma découverte du Seibukan. S’ils étaient dans un lieu équivalent au Kodokan il y a quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les cours de Kawano sensei se déroulent à Kyoto dans un jardin d’enfants. Il s’agit d’une salle de sport telle qu’on peut les voir en France, avec un sol en lino. Pas de tatamis. En guise de tapis, il est possible d’utiliser des tapis de gymnastique, de tailles/épaisseurs/duretés différentes et qui de ce fait ne s’emboitent pas parfaitement. Nous avions fait notre démonstration avec les pratiquants du NTJ a cet endroit, et c’est la que j’ai passé mon Sandan. Expérience intéressante puisqu’elle oblige a porter une très grande attention au sol pour ne pas se tordre une cheville.

Les entrainements d’Aunkai chez Minoru Akuzawa sont eux dans une petite salle de réunion à Fujimidai. Les tables sont rangées dans un coin et Sensei utilise parfois le tableau pour écrire des Kanjis et expliquer un principe. La encore on est tres loin de l’image d’Epinal que l’on peut avoir depuis l’étranger. Pourtant, comme au Seibukan, la pratique reste on ne peut plus sérieuse et de qualité.



Les lieux de Gala
Je ne sais pas si ces lieux servent aussi a des entrainements réguliers, mais ils permettent d’accueillir de nombreux pratiquants/spectateurs lors des galas. En septembre, Fred et moi étions passé au Butokuden/Budo Center de Kyoto, un lieu superbe qui ferait rêver plus d’un pratiquant.


Je n'ai pas eu l'occasion d'aller dans des dojos privés au Japon, seulement en Corée ou le dojang et l'appartement du maitre ne faisaient qu'un. Ces lieux existent forcement aussi au Japon, mais comme souvent la queston est de savoir comment y accéder.

mercredi 10 août 2011

Gyokushin-Ryu Aikido (1)

Comme promis, voici une photo de l'éventail qui m'a été offert au Yoseikan dojo de Shizuoka. Lionel a confirmé, les Kanjis correspondent bien à "Gyokushin Ryu Aikido".


J'ai malheureusement peu d'infos sur cette école, qui s'était faite une spécialité des sutemis. A noter qu'il y a aussi une école de Ninjutsu qui s'appelle Gyokushin Ryu.

mardi 9 août 2011

Aunkai / Akuzawa sensei - Tokyo Juin 2011

Profitant d’un voyage à Tokyo pour le boulot, je suis passé m’entrainer à Fujimidai. Pourquoi avoir attendu 2 mois pour en parler ? Tout simplement parce que c’était trop frais et qu’il m’a fallu du temps pour faire le tri. C'etait aussi mon premier passage depuis plus d'un an, mon corps a enormement changé depuis et j'avais besoin de corrections adaptées a mon nouveau corps. Besoin aussi de me faire recadrer apres un an de pratique solitaire.

L’entrainement chez Akuzawa sensei est tres différent de ce que l’on pratique en général chez soi, i.e. majoritairement Maho, TCJ et Shiko (plus Shintaijuku et autres Ashi Age). Et pour cause, ses élèves pratiquent également ces exercices chez eux, pas au dojo (ou du moins tres peu). A noter que nous n’avons pas non plus fait de push out, ni d’autres exercices de poussées. Mais alors que reste-t-il ?

Il reste beaucoup, énormément même. D’où mon indigestion et mon silence. Comme les fois précédentes, la première heure s’est concentrée sur des exercices avec gants et pattes d’ours, pour apprendre à sortir et a recevoir la force, dans différentes positions. Ensuite nous avons travaille de nombreux exercices de tsuki en déplacement (que je ne décrirai pas) ainsi qu’un exercice qui ressemble a du Xin Yi et qui permet de sentir l’enfoncement dans les kuas et le « rebond » pour renvoyer la force. Nous avons fini par les exercices type Tui Shou, comme lors de mes précédents passages.

Au final j’ai vu beaucoup de nouveaux exercices, mais peu que je garderai, tout simplement parce que je n’ai pas suffisamment compris les autres. Aunkai est une pratique fine, et il me semble préférable de faire moins de tanren et les faire correctement que le contraire. J’essaierai de travailler regulierement les quelques uns que j’ai compris. J’ai été impressionné par la progression de tous les élèves. La plupart étaient déjà solides il y a un an, mais rien de comparable avec ce que j’ai vu et touché cette fois. Difficile de suivre le rythme en étant aussi loin de la source.

Pour finir, un grand merci a Eric qui m'a aidé tout a long de la soirée a comprendre les explications d'Akuzawa!

Sutemis

Une des fortes spécificités de l’école de Minoru Mochizuki, l’Aikido Yoseikan, et de ce fait des écoles qui en découlent (telles que le NTJ) est l’utilisation des sutemis. Considerant le passif de Minoru Mochizuki en Judo et Aikido, beaucoup considèrent que ces sutemis viennent du Judo… après tout la fameuse « planchette japonaise » (Tomoe Nage) est une technique de Judo.

En réalité, et on peut remercier Internet qui facilite l’accès a l’information, ces sutemis viennent du Gyokushin Ryu Jujutsu (étudié sous la direction d’Oshima Sanjuro). Le nom Yoseikan appartenant maintenant integralement a Hiroo Mochizuki, fils du précédent et fondateur du Yoseikan Budo, les anciens eleves de Minoru Mochizuki, regroupés sous le nom de Seifukai, utilisent si j’ai bien compris le nom de Gyokushin Aikido. J’ai d’ailleurs un superbe éventail ou ce nom est calligraphié. A l’occasion j’en posterai une photo et les japonisants pourront confirmer.

Une interview de Shimizu sensei sur le blog de Leo Tamaki, indique également qu’à l’époque ou Minoru Mochizuki était Uchi Deshi chez Morihei Ueshiba, ce dernier montrait régulièrement des sutemis.

Les sutemis de la méthode présentent quelques spécificités qu’on ne retrouve pas à ma connaissance ailleurs, notamment le balancier de la jambe qui ajoute une très forte inertie a la projection. Le rendu acrobatique ou pas me semble en réalité un détail à condition que les autres critères d’exécution soient bien appliqués.

L’intérêt du sutemi est que bien exécuté il ne requiert aucune force, mieux il n’est pas réellement possible d’utiliser de force. En ce sens le sutemi me semble un excellent outil de compréhension. Le timing et la prise de centre sont essentiels : ne pas prendre le centre de son partenaire/adversaire l’amène a coup sur à nous tomber dessus ou met Tori au sol en laissant Uke debout.

Contrairement à ce qui se dit, le sutemi est une technique peu exigeante physiquement dans le sens ou elle demande de se laisser tomber pour entrainer son adversaire. Bien sur le risque de se casser le coccyx, ou l’effort de se relever existe. Mais si l’on regarde les pratiquants du Gyokushin Ryu, Washizu sensei en tête, il n’est pas nécessaire d’avoir 20 ans pour pratiquer les sutemis.