jeudi 30 décembre 2010

Rectitude et Verticalité

C'est là une question que se posent la plupart des pratiquants d'Aunkai... Faut-il avoir le dos droit ou vertical? Est-ce la verticalité elle-même qui importe ou le sentiment de verticalité qu'il faut rechercher?

Au fur et à mesure de ma pratique, j'ai clairement gagné sur les deux aspects (verticalité et rectitude) mais si mon dos est maintenant le plus souvent droit, il n'est en réalité quasiment jamais vertical. Il ne l'est même pas lors de la descente de TCJ ou de Shiko, alors que je me sens pourtant bien. Il y a quelques semaines, lors de la venue de ma cousine à HK, nous sommes allés nous entrainer tous les trois avec Fred, pendant que son frère prenait des photos. Je me souviens particulièrement de ma sensation lors d'un Ude Gatame (clé sur le coude) dans lequel je me sentais vraiment très fort et vertical. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant la photo...

En y réfléchissant je ne suis pas convaincu qu'il faille chercher la verticalité à tout prix. Sur certaines techniques elle pourrait même s'avérer contre productive. En revanche chercher cette sensation d'étirement de la colonne vertébrale simultanément vers le haut et le bas me semble de plus en plus essentiel.

mercredi 22 décembre 2010

Une année de plus qui s'achève

Si 2009 n'avait pas été une année extraordinaire à beaucoup de niveaux, je dois avouer que 2010 a été bien meilleure et j'aimerais revenir sur tout ce que cette année a pu m'apporter en termes de pratique.

La compréhension de l'importance du corps

Bon, c'est vrai j'ai débuté le Yoga en décembre 2009... mais il n'en reste pas moins que 2010 aura été un tournant à ce niveau. Après plus d'un an de Yoga, je l'ai déjà dit j'ai plus d'espace dans mon corps et dans ma tête, ce qui facilite ma progression. De plus la pratique du Yoga m'a d'autant plus encouragé à aller voir l'Aunkai.

L'Aunkai aura été ma révélation de l'année 2010, avec la rencontre de pratiquants de qualité, humbles et sympathiques et de Minoru Akuzawa, aussi généreux dans son enseignement que destructeur dans ses techniques. Mon entrainement personnel est depuis quotidien, soit en cumulant Yoga et Aunkai dans une même journée, soit en en faisant un des deux seulement. La complémentarité des deux m'a très certainement permis de toucher du doigt de nombreux éléments qui m'étaient obscurs. Je suis particulièrement reconnaissant envers Fred qui m'avait poussé à faire le déplacement à Tokyo, cette rencontre a sans aucun doute changé ma pratique.

L'entrainement avec tatamis


Fred m'a aussi permis de retrouver les tatamis. Grâce aux salles municipales de HK, nous avons pu nous entrainer régulièrement en Jujutsu et retrouver des sensations qu'il était difficile de ressentir sans danger en s'entrainant dans les parcs. Cette pratique combinée à Aunkai/Yoga pour moi et Aunkai/Tai Chi pour lui nous a surement aidé à mettre en pratique nos exercices quotidiens.



Des voyages enrichissants


J'ai également eu l'occasion de m'entrainer ailleurs au Japon, notamment avec un groupe du NTJ au Seibukan de Kyoto, au Daito Ryu (branche Takuma Kai) à Osaka et au Yoseikan Dojo de Shizuoka. Là encore ce furent des rencontres particulièrement enrichissantes. Après ce premier séjour, Fred et moi sommes retourné au Seibukan pour mon passage de Sandan et avons pu assister au Taikai annuel de l'association au Butokuden. Un lieu magnifique, de nombreuses disciplines et des pratiquants de bon niveau, mon seul regret restera que ce fut trop court...

Avant le séjour au Japon, j'ai aussi passé une semaine à Bali lors du Bali Camp organisé par Fred Evrard avec Jeff Espinous. Un cadre paradisiaque, des entrainements intensifs et de qualité, là encore des gens charmants. A croire que les arts martiaux n'attirent que des gens sympas.


C'est donc bien une année très riche qui s'achève. Car effectivement toutes les bonnes choses ont une fin. Alors que Fred s'apprête à partir à Taiwan et que mon nouvel emploi va me permettre de rester à HK, quelques adaptations vont être nécessaires. Si la pratique seul fait maintenant partie du paysage, je ne conçois pas de ne pas avoir de feedback régulier d'un partenaire. Bien sur, Fred repassera selon ses possibilités, et je passerai également à Taichung, mais il est peut être temps que je commence à construire un petit groupe de pratiquants pour continuer à partager et échanger.

vendredi 10 décembre 2010

Pas tous égaux devant les Tanren

Au fur et à mesure que je pratique les Tanren et que je comprends la méthode, je m'aperçois que certains exercices sont plus naturels pour moi que d'autres, mais que ce qui est naturel pour moi ne l'est pas nécessairement pour les autres (pour Fred par exemple, puisqu'il est le seul exemple que j'ai de visu).

Par exemple, depuis le début j'ai bien accroché sur Shiko, beaucoup moins sur Maho. Sentir l'équilibre sur une jambe et la notion de déséquilibre en latéral me semble en soi beaucoup plus simple que le déséquilibre sur l'axe avant/arrière de Maho et TCJ. Mon premier problème était probablement ma faible souplesse des hanches qui ne me permettait pas de réaliser la bascule nécessaire du bassin pour cet exercice. Cependant, même maintenant que ma souplesse s'est améliorée, j'ai du mal à sentir Maho et à tenir la position.

Pour TCJ, le problème est un peu moins frappant (peut être parce que je le fais en fin de séance, donc avec un corps plus chaud), au contraire je le réalise nettement mieux qu'avant, notamment en ayant réussi à réduire drastiquement l'ouverture des pieds.

Dans la pratique à deux, les mêmes constats s'imposent. Je tiens bien sur une jambe quand Fred me tire ou me pousse (« bien » est à relativiser par rapport à mon point de départ), en revanche absorber une poussée ou une traction en Maho reste encore délicat. Au contraire, je trouve Fred très solide sur ses pattes sur ce type de poussée. Sa pratique des Tuishou et avant ça du Judo n'y sont surement pas étrangères.

J'essaie donc depuis quelques temps de me forcer à faire plus de Maho, voire même des Maho squats pour essayer d'assouplir cette zone et de franchir un cap. J'espère aussi que la pratique du Yoga va m'apporter des clés pour résoudre ce problème, ou tout du moins dérouiller suffisamment mes hanches.

vendredi 3 décembre 2010

Un an de Yoga

Cela fait précisément un an aujourd'hui que j'ai fait mon premier cours d'essai en Yoga, un cours qui m'aura très clairement plus que convaincu. Cette année a été très riche pour moi, notamment en termes de pratique, le Yoga et Aunkai m'ayant notamment permis de franchir un cap.

Corporellement, je crois que la différence Avant/Après est évidente. Fred prend d'ailleurs un malin plaisir à me rappeler notre premier séjour chez Akuzawa sensei, lorsqu'il croyait que je plaisantais quand je n'arrivais pas à descendre sur mes jambes en Maho/Shiko/Tenchijin. Bien sur aujourd'hui ma souplesse n'est pas celle d'un gymnaste, mais néanmoins je suis plus souple que je ne l'ai jamais été. Un exemple qui m'a d'ailleurs frappé récemment est l'étirement dans lequel d'une position à genoux on vient poser le dos au sol. Jusqu'ici je souffrais le martyr en posant simplement les mains derrière moi... il y a quelques semaines je me suis surpris à pouvoir descendre tout en bas (mes tibias décollent un peu du sol cependant).

De même, je n'ai plus l'impression d'être fait d'un bloc. Je peux donc essayer de garder mon corps connecté en abandonnant mon bras.

Enfin, l'avantage le plus notable dans ma vie quotidienne est que mes douleurs au dos s'estompent quand je fais du Yoga (mais reviennent malheureusement après quelques jours si je ne pratique pas).

Mentalement aussi je me trouve plus souple. Moins stressé, plus patient. Cela dit ça n'a pas de lien direct avec les Arts Martiaux.

La complémentarité avec Aunkai me semble de plus en plus claire chaque jour, notamment dans mon cas. En effet, si Aunkai m'apporte de meilleures connexions et une structure plus solide, j'ai aussi l'impression que le fait de créer les connexions tend à me tendre plus qu'à me relâcher. C'est probablement une étape avant de pouvoir garder les connexions sans tensions, mais vu mon niveau de départ relâcher est nécessaire si je ne veux pas me flinguer totalement.

La combinaison des deux me permet de mieux faire les exercices d'Aunkai, notamment en améliorant la souplesse de mes jambes et en travaillant ma respiration. A l'inverse, la pratique d'Aunkai a très certainement amélioré mon ancrage pour la Yoga en insistant sur les connexions du corps, les alignements et la colonne vertébrale. Les deux semblent donc se nourrir mutuellement.

Le seul problème c'est que mon inscription au Yoga s'arrête dans une semaine et que me réinscrire alors que je n'ai toujours pas de boulot et donc aucune visibilité sur mes horaires/lieu de travail n'est pas franchement le plus approprié...

jeudi 4 novembre 2010

Vibram five Fingers

Pendant que certains s'amusaient avec Akuzawa sensei à Paris et Bruxelles (cherchez pas, je suis jaloux), j'ai testé pour la première fois les chaussures Vibram Five Fingers, ces chaussures très particulières qui permettent de marcher comme pieds nus tout en conservant une protection du pied.



Je lorgnais sur ces chaussures depuis un moment déjà. J'avais vu Fred et Lila du Kali Majapahit en porter pour courir, et le sujet sur Kwoon me donnait envie d'essayer. D'autant plus que je me sens frustré dans ma pratique d'Aunkai par mes godasses, qui ne me permettent pas de ressentir mes appuis comme je le voudrais.

Le bilan suite à deux entrainements d'Aunkai est très positif. Comme annoncé, les appuis au sol sont les mêmes que pieds nus, et donc meilleurs qu'en chaussures. L'ancrage est donc bien meilleur et je me sens plus stable sur les exercices de type Juji Ko. C'est aussi très vrai pour Maho, le fait de mieux sentir la force dans les talons me permet de mieux maintenir la position, et surtout de la ressentir plus finement.

C'est donc un bilan très positif, j'attends maintenant de voir s'il en sera de même après un essai avec un partenaire, notamment dans les Push Out.

mercredi 29 septembre 2010

Kyokun (2)

Suite à la demande de Jack, voici les fameux Kyokun. Merci aux japonisants de me prévenir si j'ai mal compris ce qui était écrit!

mardi 28 septembre 2010

Kyokun

Lors de notre séjour a Kyoto, j’ai reçu des mains de Kawano sensei les 5 Kyokuns de l’association, calligraphiés. Je suis bien sur incapable de les lire, mais ils m’ont été traduits. Le Seibukan étant un regroupement de Budos, il ne s’agit pas de préceptes techniques / tactiques mais plutôt d’étiquette.

Si je ne fais pas d’erreur, les Kyokuns sont les suivants :
1. Respecte ton professeur
2. Respecte ta famille
3. Respecte la tradition
4. Entraine-toi avec un esprit positif
5. Reste simple

J’ai bien évidemment été très touché par ce cadeau, qui est pour moi la marque d’une intégration dans l’école. Ces Kyokuns semblent comme souvent aller de soi, mais les rappeler par écrit ne peut être qu’une bonne chose, et les voir écrits (même dans une langue que je ne comprends pas) me rappellera surement à plus d’humilité.

mercredi 22 septembre 2010

19ème All Budo Demonstration - Nippon Seibukan Academy

Ce week end avait lieu au Butokuden de Kyoto le 19e festival annuel du Nippon Seibukan. Avec Fred nous avions justement la chance d'être à Kyoto à ce moment là et d'avoir été conviés par le Seibukan à venir assister à l'évènement.

Pour être honnête, ma seule déception a été de devoir partir avant la fin à cause de mon avion. Le festival a regroupé de nombreuses écoles, et je ne saurais dire combien de pratiquants. Peut être 300, difficile à dire. La démo commençait à 10h, mais les participants ont commencé à arriver dès 9h.



Après une entrée de toutes les équipes de démonstration, c'est le Jukendo qui a ouvert le bal. Très intéressant, d'autant que je n'en avais jamais vu. Il faut avouer que la baïonnette militaire est quelque peu connotée...



On a enchainé avec le sport chanbara, auquel personnellement je n'accroche pas. C'est brouillon et les mecs prennent des postures pas possibles pour réussir à toucher l'autre. Bref pas mon truc.

Plusieurs écoles de Karaté sont aussi venues. La première m'a semblé être du Shotokai étant donné les postures très basses, mais je n'en mettrai pas ma main à couper. Ils ont notamment présenté des tanren proches du Yoga, comme des Headstand. Après ça ils ont montré un travail type Kihon Ippon Kumite avec des défenses par atemis et projections. Il y a notamment eu un très bel Ippon sur le parquet. Ils ont également réalisé des Ju Kumite avec armes du Kobudo (nunchaku, tonfa, etc.)



La deuxième école était le Goju Ryu avec Kawano sensei et ses élèves. Katas avec et sans armes et casse pour les élèves, mais le plus impressionnant fut la démonstration de Kawano sensei lui même (et ce même si je l'avais déjà vu le faire il y a quelques mois): un kata aux Saïs d'une grande fluidité, une démonstration à la sarbacane et enfin une casse de bambou maintenu par deux bouts de papiers, tenus par des couteaux, ceci avec un bokken. Sans couper les papiers bien sur. Une belle concentration d'énergie à l'impact, très différente de la frappe lourde classique. A noter qu'il n'est plus tout jeune, ce qui rend cette démonstration d'autant plus remarquable.
Le responsable du Seibukan Australie a aussi effectué une démonstration de Goju Ryu, avec à la clé Sanchin Kitae, un kata de Bo et une casse passive de Shinaï sur son tibia.




La troisième école était le Kyoku, très bien comme toujours. Par contre j'ai raté la photo de la casse de batte de base ball suspendue par la demoiselle...

J'ai aussi découvert l'Aikikenppo, mélange de projections, atemis et clés. Malgré la proximité apparente avec ce que je fais, je n'ai pas réellement aimé. Trop rigide dans la forme de corps. Aussi, même si la garde doigts ouverts pouvait faire penser à du Yoshinkan, ça m'a semblé être plus une source de crispation qu'autre chose chez les démonstrateurs. Cela dit pour cette discipline nous n'avons pas vu de gradés.

Les écoles de sabre ont eu la part belle. Le Iaido nous a démontré de belles coupes et le Kenjutsu a présenté des techniques au bokken avec notamment des attaques survenant lorsque les participants se croisaient. Intéressant mais j'y connais rien au sabre, je laisse Fred commenter!


Il y avait également une section Karaté Handisport, avec deux pratiquants malheureusement très mal en point. Bien sur on ne peut pas parler d'efficacité en ce qui les concerne, mais c'est réjouissant de voir qu'ils peuvent également pratiquer et travailler leur coordination.



Au final ça a été une excellente (demie) journée, accompagnée de Bentos gracieusement offerts par le Seibukan dont l'accueil a vraiment été excellent. J'aurais aimé rester plus longtemps et voir notamment l'Aikido et le Judo, mais ça sera pour la 20e édition.

lundi 13 septembre 2010

Créer son école

Les nouvelles écoles sont légions et il est (a mon gout assez rare) d’en trouver dont l’apport est évident. Aunkai fait clairement partie de celles la, tant par la qualité de l’enseignement que par la pédagogie et l’orientation du travail (le corps plutôt que la technique). Malheureusement la plupart sont au mieux des redites de ce qui existait déjà, au pire des inepties. L’Hapkido Ninja d’Europe Orientale dont parlait Fred par exemple…

Mais sorti de ces écoles bidons, je m’interroge en fait surtout sur les écoles qui ne sont que des redites. Et ce en particulier après l’arrivée d’un nouveau venu sur Kwoon. Enseignant de « Ju Jitsu » ayant créé sa propre association, il se dit aux antipodes de la FFJA et D’Eric Pariset. Pourtant vu d’ici, je ne vois pas de différences flagrantes…

Sur l’aspect technique tout d’abord : 16 techniques, 16 techniques bis, Goshin Jitsu (qui est un kata de Judo et pas de Jujutsu, est il utile de le rappeler ?). Les techniques de self sont souvent du même acabit que celles des écoles dites aux antipodes, et la forme de corps est indéniablement similaire (et ressemble étrangement a celle du Judo).

Sur les raisons de fonder une association différente : développer le Ju Jitsu qui n’a pas ailleurs la place qu’il mérite, et fédérer les pratiquants. Aux antipodes de leurs confrères, c’est sur…

Sur l’aspect pratique, on a donc un pratiquant (surement très bon dans ce qu’il fait), 3eme dan, qui fonde son école, similaire aux écoles dont il vient. Deux remarques me viennent à l’esprit en voyant ca :
1/ Qu’est ce qui justifie la création d’une nouvelle école ? Vouloir être 1er dans ce village plutôt que 2nd a Rome ?
2/ Un 3eme dan est-il suffisant pour créer une école ? 3/10 me semble un peu léger en termes de compréhension générale des principes, mais il ne faut pas toujours se fier aux grades.

Dans mon esprit, créer une école n’a de sens que si la différence avec l’école d’origine est telle que rester n’a pas de sens. L’Aikido est clairement différent du Daito Ryu, de même que l’Aikido Yoseikan est clairement différent de l’Aikikai. Enseigner sous le meme nom apporterait plus de confusion qu’autre chose. De même, le niveau de pratique et de compréhension d’O Sensei ou de Minoru Mochizuki leur donne toute légitimité. De même que la création du Yoseikan Budo fait sens a mes yeux : le principe d’ondulation au cœur du système en fait clairement un art a part. Pendant ce temps, pullulent sur Internet / Youtube des fondateurs d’écoles pratiquant tous la même chose, plus ou moins bien.

Il est bien dommage que les questions d’ego poussent les gens à « créer » des écoles pour se mettre en avant plutôt que de pratiquer avec honnêteté et sincérité.

lundi 6 septembre 2010

Silat Suffian – 4 & 5 Septembre 2010 a Hong Kong

Ce week end, et comme deux fois par an, Maul nous a refait l’honneur de venir nous voir a Hong Kong pour un séminaire sur deux jours. Bien que ne pratiquant les arts du Sud Est Asiatique que de façon (trop) diffuse, c’est toujours un plaisir de le voir et de le voir bouger.

Sa façon de bouger est en effet très proche de ma recherche actuelle. Sa verticalité est irréprochable, il bouge simplement, naturellement, mais est toujours parfaitement placé et prend le centre de son adversaire avec une facilité déconcertante. Son enseignement fait également la part belle au travail des bases, bien marquer les temps dans les drills en prenant la pose par exemple. Typiquement le genre de choses qui peuvent paraitre bizarre mais qui font sens quand on comprend que son but est de former un corps fort, confiant et prêt pour le combat.

Sur pas mal de points je trouve son travail proche (sans forcement le vouloir) de ce que fait Akuzawa, même si la méthode est différente. Il s’agit en effet avant tout d’un travail de conditionnement, de compréhension de la distance, de la verticalité, de sa structure et de celle de son partenaire.

Les grands esprits se rencontrent.

mardi 24 août 2010

Neutralité vs Ajustements

Avant de rencontrer Akuzawa, j’avais toujours pensé que l’équilibre était lie a une capacité a ajuster son corps pour compenser des forces. Je peux me tromper, mais ce que j’ai compris du travail proposé par Aunkai est au contraire une recherche de neutralité.

Sur tous les exercices de poussée, qu’ils soient statiques ou en déplacement, il n’est pas juste question de rediriger la force en ajustant sa position, mais d’être dans une position neutre, qui permet de rediriger les forces sans mouvement extérieur. Le résultat visible étant que si l’on pousse Akuzawa et qu’on relâche la pression, il ne bouge pas d’un millimètre, comme si le contact n’avait pas eu lieu.

C’est en revanche particulièrement complexe a mettre en place et la réalité vient souvent nous rattrape souvent. Plus d’une fois avec Fred, alors que nous faisons les exercices de Push Out, nous nous apercevons que si l’autre relâche, on est déséquilibre vers l’avant… Pas forcement beaucoup, et parfois l’utilisation de la griffe du pied suffit à compenser. Mais compenser n’est pas bon, si je compense je ne suis pas neutre. La stabilité est la (je ne tombe pas) mais le principe n’est pas le bon.

Il s’agit probablement d’une question d’étapes. La neutralité totale ne peut pas venir en si peu de temps, et compenser est peut être la première marche à franchir. Le même problème se pose avec la question de ne pas pousser dans le sol. Même si je sais que pousser dans le sol c’est mal, soyons clairs, mon niveau ne me permet pas de faire autrement… Encore une fois c’est probablement une étape nécessaire.

jeudi 19 août 2010

On ne plaisante pas avec l’Atemi Ju Jitsu

C’est ce qu’auraient du se dire les membres de Kwoon Info avant de laisser un sombre individu critiquer Eric Pariset et son dojo. Suite a ce message datant de 2004, Eric Pariset a décidé de laver son honneur, c’est bien naturel, et d’assigner Kwoon Info, son hébergeur iWeb et Google en justice afin d’obtenir une réparation des dommages causés (notamment financiers).

La réparation est bien évidemment à l’image du préjudice, fortement conséquente. Quoi de plus normal ? « La critique est aisée mais l’art est difficile » disait Destouches dès 1732.

Je prie donc mes deux visiteurs d’éviter toute critique à l’ égard de Mr Pariset, seuls les compliments seront acceptés.

mercredi 18 août 2010

Sens dessus dessous

J’ai fait, non sans aide, mon premier Headstand aujourd’hui. Posture peu rassurante et pas forcement facile, elle semble présenter de nombreux intérêts.

Améliorer sa santé
C’est le bénéfice le plus souvent évoqué. En inversant la position du corps, le sang redescend vers le cerveau, ce qui a pour but de réactiver le système nerveux, de soulager les troubles du sommeil et d’améliorer la mémoire.

En renversant la gravité, la position doit normalement également aider à nettoyer les organes et favorise les muscles de la nuque et du dos.

La posture
Ni plus ni moins qu’une station debout inversée, cette position permet une conscientisation plus fine de ses placements. En effet, le moindre écart par rapport a l’axe vertical est fatal à l’équilibre, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans une position debout. Sirsasana favorise ainsi l’alignement de la colonne et la prise de conscience de sa verticalité.

Psychologiquement
Se retrouver à l’ envers sur la tête est une expérience surprenante. Je dois avouer que lors de mon premier essai j’ai perdu tout référentiel spatial pendant quelques secondes au point d’avoir peur de m’écrouler. Peur complètement infondée pour plusieurs raisons :
- J’étais assisté donc je pouvais difficilement m’écrouler et me blesser
- Je sais chuter et je n’ai normalement aucune appréhension du sol
- Ma tête étant déjà au sol, elle ne risquait honnêtement pas grand-chose en tombant…

Cette expérience m’amène donc à penser que me retrouver dans une situation complètement inconnue a tiré les sonnettes d’alarme dans mon corps. Il n’y avait pourtant rien à craindre. Le prochain essai sera surement passionnant.

mardi 17 août 2010

L’intention

Je pratique les Tanren tous les matins – ou presque - dans un parc de HK, ce qui me donne l’occasion de voir les locaux s’adonner a des gesticulations de toutes sortes. Le terme gesticulations est choisi à dessein, je n’ose pour la majorité d’entre eux pas utiliser un autre mot.

On retrouve plusieurs catégories de gens dans ces parcs :
- les bizarres, qui tapent dans les mains ou crient
- les inconscients qui s’abimeraient moins en restant chez eux (je compatis chaque jour pour les genoux et les hanches de certains d’entre eux)
- les inconscients, surement les plus nombreux qui font des mouvements vides de sens sans aucune intention
- les vrais pratiquants, bons ou pas n’est pas la question et je ne suis pas capable d’en juger de toute façon, qui font leur truc sérieusement dans leur coin, en écoutant et en habitant leur corps

C’est la 3eme catégorie qui m’a fait tilter ce matin. Si leurs mouvements n’étaient pas spécialement mauvais ou tout du moins dangereux pour eux-mêmes d’après ce que j’ai pu en voir, j’ai eu l’impression de voir des corps vides, en mouvement certes mais avec personne dedans…

L’intention est pourtant quelque chose de primordial, la présence est essentielle. Akuzawa, Kuroda, Cui Rui Bin dans des styles différents sont toujours « présents », a aucun moment ils ne donnent l’impression de faire un mouvement de façon purement mécanique en dormant a moitié. C’est d’autant plus essentiel pour des pratiques internes (ici le Tai Chi) dont l’un des buts est de prendre conscience de son corps…

Ce n’est a mon avis pas un problème d’Arts Martiaux ou non, d’ailleurs dans mes cours de Yoga il est bien précisé de se créer une intention (quelle qu’elle soit, physique ou mentale) et de s’y tenir pendant toute la séance. Et en effet pratiquer en se concentrant sur certains points et en conscientisant ses mouvements et son corps permet de faire des progrès évidents, lorsque certains ne font que répéter une chorégraphie vide de sens qui au final n’apportera que très peu.

vendredi 13 août 2010

La tête et le corps

Une amie (qui fait notamment du Yoga avec moi) me disait hier que j’étais sans doute devenu plus souple qu’elle. Je ne sais pas si c’est le cas, même s’il est évident que ma souplesse est un peu meilleure qu’avant. En revanche, en y repensant, je suis devenu beaucoup plus souple dans ma tête.

Les derniers mois m’ont amené à remettre ma vie a plat, tant dans ma pratique que dans ma vie personnelle, voire professionnelle. Me remettre en question est devenu un des fondements essentiels de ma vie quotidienne. D’une part physiquement par le biais de la pratique, en acceptant mes limites et en cherchant objectivement à les comprendre et a travailler dessus. Mentalement aussi en essayant de comprendre mes erreurs passées et comment ne pas les renouveler.

L’un nourrissant l’autre, il est clair pour moi aujourd’hui que j’ai pu créer un peu d’espace dans mon corps et dans mon esprit.

jeudi 12 août 2010

Aunkai – Une progression phénoménale

Fred et moi pratiquons Aunkai depuis peu de temps. Mi-février avec le DVD, mais surtout début mars avec notre premier séjour à Tokyo. Comparé a mes 12 ans ou ses 30 ans de pratique, ca n’est rien… sur le papier.

Sur les tatamis, l’histoire est toute autre. La progression est non seulement palpable, mais même essentielle. Ancrage, connections, entrée / sortie de force, mais également relâchement dans les techniques et les déplacements. Bien sur il n’y a toujours rien d’exceptionnel dans ce qu’on fait, mais ce qui est (pour moi) exceptionnel c’est la rapidité d’acquisition. Sans être un pratiquant exceptionnel, mon niveau n’a plus rien a voir avec ce qu’il était au mois de mars. Idem pour Fred, dont le corps a indéniablement changé au cours de ces derniers mois.

Je m’enthousiasmais devant le niveau d’Akuzawa, et surtout celui de ses élèves (qui prouvent sa capacité à transmettre), je suis encore plus enthousiaste de voir que même une personne aussi peu ancrée et connectée que moi peut voir des résultats aussi vite. Le travail quotidien (et correct, répéter 10,000 fois les mêmes mouvements vides de sens n’apporte rien) me semble donc plus que jamais le meilleur moyen de progresser dans la pratique.

mercredi 11 août 2010

Aunkai et têtes de fémur

Depuis une dizaine de jours, j’ai des douleurs persistantes au niveau de la tête du fémur, région mieux connue des pratiquants d’Aunkai comme celle des Kuas. Le travail des kuas est l’un des points essentiels de la pratique d’Aunkai puisqu’ils permettent de relier le bas et le haut du corps, et donc de créer un corps connecté.

Etant très raide de nature, tout ce travail cible sur cette région m’amène a ressentir quelques douleurs, sans aller jusqu'à un blocage complet. Mais il semble que cette douleur soit relativement commune, et d’ailleurs Fred lui-même l’a eue pendant un mois, un peu après notre séjour à Tokyo. Chez lui, ca a permis un déblocage de la zone et a contribué à l’amélioration de sa descente en squat. Chez moi, il est trop tôt pour le savoir mais si effectivement c’est le début d’un déblocage je suis impatient de voir les sensations qui s’ensuivront.

lundi 2 août 2010

Yoga – Niveau 2

Je fais du Yoga en complément de ma pratique depuis maintenant 8 mois, a raison de 3 fois par semaine en moyenne (moi si je ne suis pas a HK, jusqu'à 5 quand c’est possible). Le Yoga complète, en tout cas dans mon cas, parfaitement l’Aunkai en travaillant plus spécifiquement la souplesse et le relâchement, deux qualités du corps que je ne possède pas et qui sont pourtant essentielles.

Depuis le début j’assiste uniquement aux cours débutants, voire parfois aux cours de Yin Yoga (ouvert a tous niveaux et dans lequel les positions sont maintenues plusieurs minutes pour travailler le relâchement en profondeur). Aujourd’hui, pour la première fois, je me suis donc décidé à aller tester un cours du niveau 2 (sachant que 4 niveaux sont proposés dans mon studio). A vrai dire je n’ai pas senti de réelle différence. Les exercices sont majoritairement les mêmes, seuls les explications différent légèrement puisque tout le monde est sensé connaitre les positions. Pas vraiment de difficulté supplémentaire, sauf dans le cas d’un exercice d’appui sur les mains. Le niveau des autres participants ne m’a pas non plus semblé beaucoup plus élevé que le niveau des débutants qui viennent depuis déjà un bout de temps.

Comme pour Aunkai, et comme devrait l’être la pratique martiale, le niveau suivant s’avère donc être en apparence le même.

mardi 20 juillet 2010

Technologies & Entrainement (2)

Contrairement a ce que je pensais encore il y a quelques jours, la technologie (et en particulier la vidéo) n’est pas toujours aussi cruelle qu’on pourrait le croire.

Depuis quelques temps nous filmons tous nos entrainements de Jujutsu avec Fred pour voir le rythme, les placements, la propreté des techniques, etc. Si au début la vidéo me renvoyait une image difficile a accepter : trop lent et imprécis notamment. J’ai eu hier le sentiment inverse. Lors de l’entrainement de dimanche soir, après notre premier passage sur Juni no Kata, j’étais mécontent de ce que j’avais fait. Je sentais mon corps manquer de stabilité, imprécis, plein de tensions et de parasites. En mettant la vidéo hier, je m’attendais donc à voir un kata bâclé. J’ai eu en fait la surprise de voir que c’était plutôt mieux que les fois précédentes. Les techniques semblaient nettes, les positions correctes. Tout le contraire de ce que j’avais ressenti en le faisant.

Ce qui me fait repenser a une remarque que je faisais a un ami a l’entrainement il y a quelques années : « J’ai l’impression de bouger de façon moins précise que lorsque j’ai passe mon 1er dan il y a x années », sa réponse avait été que j’avais probablement plutôt affine ma compréhension et que même si je bougeais mieux, je comprenais beaucoup mieux ce qui se passait dans mon corps.

La pratique d’Aunkai et du Yoga contribue certainement à ce sentiment que j’ai eu dimanche (peut être même plus que le fait d’être un eternel mécontent). A force de se concentrer sur ce qui se passe dans son corps on finit par percevoir des déséquilibres et des tensions invisibles a l’œil nu. La vidéo ne les montre pas et pourtant, ces erreurs étaient bien la.

Cela correspond aussi au fait qu’entre un maitre d’exception et un pratiquant lambda, la façon de faire une technique peut sembler identique alors même que l’ensemble des chaines articulaires et musculaires mises en jeu n’ont rien a voir. Si je fais Kote Gaeshi et qu’Akuzawa sensei fait la même technique, vu de l’extérieur on pourrait peut être croire qu’il s’agit de la même chose. Subir les deux techniques montrera qu’il n’en est rien.

lundi 19 juillet 2010

Changer le corps

Après maintenant 5 mois d’Aunkai et 7 mois de Yoga, je perçois des changements notables dans mon corps.

Déjà en termes de souplesse. Lors de ma visite à Tokyo descendre en squat était tout simplement impossible, je devais ouvrir les pieds au point qu’ils étaient presque sur une même ligne pour conserver un minimum de verticalité. Aujourd’hui, loin d’être parfait, je suis plus droit et je peux descendre plus facilement qu’avant. Ca n’est qu’un début, j’en suis sur.

Mon ancrage est également meilleur, mais ca n’a rien de surprenant, c’est limite si je tenais debout a l’époque… Je commence à comprendre les vecteurs de force qui traversent mon corps et les rediriger, bien qu’encore difficile, devient possible. Certains exercices comme les push out sont aussi plus simples qu’avant et les sensations arrivent. La aussi c’est loin d’être parfait et je me retrouve souvent trop en déséquilibre avant, mais les progrès sont quand même réels.

Mais surtout le point le plus important pour moi : qu’est ce que ca change dans ma pratique ? Et c’est peut être la que les changements sont les plus intéressants. Avec Fred, nous découvrons (ou tout du moins comprenons) quelque chose de nouveau chaque semaine. Certaines techniques que j’étais incapable de passer passent aujourd’hui facilement. Par exemple, balayer la jambe d’une personne sans la déséquilibrer avant me semblait impossible. Il s’avère qu’avec une bonne structure, casser la structure de l’autre n’est pas aussi compliqué que je l’imaginais. De même, j’ai eu la surprise de voir hier que l’une des techniques étudiées au Daito Ryu (et que bien sur je n’arrivais pas à passer sur place) passait très facilement. C’est peut être aussi une simple compréhension de la technique avec le recul, mais toujours est il que le changement existe et c’est encourageant.

Les résultats sont encore très loin de mes attentes, mais correspondent a mes espérances étant donné le peu de temps d’entrainement que j’ai dans les pattes. J’ai hâte de voir les résultats après un ou deux ans. Nul doute que ca sera surprenant !

jeudi 8 juillet 2010

Technologies & Entrainement

Depuis quelques années, j’ai beaucoup déménagé et je n’ai finalement pas eu de réel suivi en club. Tant que j’étais en France, le problème ne se posait pas réellement puisqu’il m’était facile de suivre les stages du NTJ et donc d’avoir un retour direct sur ma pratique. Depuis Hong Kong c’est plus difficile… Et c’est la qu’interviennent les technologies modernes pour m’aider dans ma progression.

Je me suis récemment mis en tête de travailler le passage du 3eme dan. Non pas que j’en ai foncièrement besoin, mais plutôt que ca ne peut pas me faire de mal et que ca m’oblige a essayer de franchir un cap dans ma pratique. Comme pour le 2eme, c’est aussi un moyen de savoir ou j’en suis, à défaut d’un retour direct. Le problème c’est que sur les deux katas que je dois présenter, l’un m’est connu mais nécessite des ajustements, l’autre m’est totalement inconnu. Ce qui aurait été un gros problème il y a quelques années n’est en fait qu’un faux problème aujourd’hui. Entre les DVD et les plateformes comme youtube, la plupart des katas sont trouvables, faites par plusieurs personnes. A partir de la, il est normalement possible de recouper les infos et de comprendre le kata. La vidéo permet aussi de se filmer pour pallier l’absence d’observateur extérieur. Même si ca n’est pas parfait, si l’on sait ou regarder on peut déjà effectuer pas mal de corrections avec la vidéo.

Apres tout, quand on y pense, la vidéo est utilisée comme outil de progression dans les sports collectifs pour comprendre un match après coup : pourquoi ne pas faire la même chose ?

L’autre intérêt de la vidéo est de voir sa progression. J’ai été filme la premier fois en décembre 2005, puis en juin 2006. Rien depuis. Entre les deux je perçois déjà un écart énorme, comme si un cap avait été franchi. Plus récemment je n’ai filme que des katas, la comparaison est donc difficile, mais d’après Fred il y a un changement dans ma verticalité, ce qui pourrait se comprendre après quelques mois de Yoga et d’Aunkai. J’avoue ne pas réellement voir la différence pour le moment, en tout cas extérieurement. Intérieurement il y a une différence, c’est certain.

Je ne sais pas si cela suffira à avoir mon 3eme dan, ni même si j’en ai le niveau, mais ca n’est pas le plus important a mes yeux. Grâce a Fred et a la vidéo je peux travailler et continuer à progresser, et c’est la l’essentiel.

vendredi 11 juin 2010

Silence radio

Je n’ai pas écrit sur ce blog depuis un moment, et ca n’est pourtant pas faute d’avoir pratiqué et vu des choses intéressantes.

Depuis mon dernier article, j’ai notamment participé au Bali Camp dirigé par Fred Evrard (Kali Majapahit) et Jeff Espinous (Kali Sikaran). Une semaine dans un cadre extraordinaire a pratiquer Kali, Silat et Panuntukan au bord de la mer. J’ai vu beaucoup de choses tant techniques qu’anatomiques et je n’ai définitivement aucun regret (sauf le fait qu’on ne trouve pas cette qualité a Hong Kong).

Dans la foulée je suis parti deux semaines au Japon avec des pratiquants français du NTJ. Plusieurs villes, plusieurs dojos mais toujours autant de plaisir, a fortiori pour moi qui ne peut pratiquer le NTJ que trop rarement. J’ai eu joie de retoucher au travail articulaire de Me Araki du Daito Ryu, et également celle de découvrir le mythique dojo de Minoru Mochizuki ainsi que le travail de ses élèves. La filiation avec le NTJ me semble d’ailleurs très nette. J’ai ainsi pu travailler quelques uns des célèbres sutemis de l’école, un élément clé du NTJ mais que je travaille trop peu ici.

Pour terminer, passage par Tokyo oblige, je suis retourné chez Minoru Akuzawa. J’y ai vu d’autres exercices, notamment ceux avec bâton, et j’ai accumulé beaucoup de nouvelles sensations. J’ai ressenti – peut être à tort – des progrès dans mes mouvements pendant ce court laps de temps – 1 mois seulement. En tout cas j’ai ressenti plus de choses. Bonnes ou mauvaises, le temps le dira.

Enfin il y a deux semaines, Maul Mornie du Silat Suffian est repasse a Hong Kong pour un séminaire, comme toujours très riche. Il est d’ailleurs amusant de le voir bouger à la lumière de l’Aunkai. Car au final on sent sa réelle compréhension de l’art : verticalité, économie de mouvement, travail sur la structure. Vraiment très fin, même si tout cela n’est pas expliqué.

Depuis je continue à faire mes exos, avec un peu moins d’attention ces derniers jours faute de temps (chercher du boulot, chercher un appart et socialiser ca bouffe du temps).
Tout ca n’explique donc absolument pas mon silence : j’ai pratiqué et j’avais Internet, pourquoi donc ne rien dire ? Par flemme ? Même pas, ou pas tant que ca. Plus pour un problème de digestion. En un court laps de temps j’ai reçu beaucoup, peut être trop. J’ai toujours beaucoup pratiqué, mais c’était jusqu’ici des techniques, alors qu’il s’agit maintenant d’un travail beaucoup plus profond que j’essaie d’assimiler.

Je vais donc continuer sur cette voie, essayer de comprendre et de ressentir, et j’essaierai de mettre a jour quand j’aurai un truc intéressant a raconter.

lundi 15 mars 2010

Yoga et Aunkai

Bien qu’ayant des finalités et des approches différentes, je trouve beaucoup de similitudes entre les deux pratiques. Déjà sur le principe : les deux méthodes travaillent sur l’utilisation du corps et la modification de la structure par un travail postural. Un travail sur les alignements, l’ancrage et les connexions est effectué. En revanche, en Yoga, on se centre exclusivement sur son corps, il n’y a pas de recherche de production d’un effet sur l’autre, contrairement a Aunkai (jusque la j’enfonce des portes ouvertes).

Mais le point amusant c’est les ressemblances entre certaines positions. Par exemple Warrior 2, qui ressemble terriblement a un des étapes de Shintaijuku, et qui garde les mêmes critères : dos droit, bras tendus et alignes a la hauteur des épaules, les mains tirent respectivement vers l’avant et l’arrière tandis que le bassin s’enfonce et que la tête essaie de maintenir une tension vers le haut.


Shiko a aussi plus ou moins un équivalent. Plus ou moins parce qu’ici il ya contact de la main avec le sol, donc la recherche d’équilibre n’est pas vraiment la même.


Enfin on retrouve le squat présent dans TCJ ainsi que la remontée mains jointes et l’ouverture des bras une fois debout.


Sans être la même chose et poursuivre les mêmes buts, on retrouve donc pas mal de principes, logique on a tous le même corps… Du coup j’ose croire que la progression dans l’un aide a progresser dans l’autre.

jeudi 11 mars 2010

Entrainement quotidien

Former et surtout modifier durablement le corps nécessite un entrainement quotidien. Et ce quelques soit les conditions. C’est la que le bat blesse puisque le climat a HK a décidé de changer d’une semaine sur l’autre (26 la semaine derniere, 10 cette semaine). Du coup se motiver le matin pour s’entrainer dehors, c’est rude… Au final je finis bien sur par descendre, mais ces quelques minutes de flemme ne me sont pas d’une grande aide.

Pour l’instant je fais des séances d’environ 25-30 minutes, que je complète le soir le cas échéant. Mes séances se décomposent en gros de la façon suivante :
Mouvements de balanciers avec les bras pour s’échauffer et commencer à mobiliser la colonne
Shiko pendant 5 minutes
Maho pendant 5 minutes
TCJ pendant un peu plus longtemps, mais en deux fois. Une fois sans cale sous les pieds et une fois avec. N’étant pas souple, j’ai tendance à ouvrir les pieds. Je travaille donc les deux façons, qui me donnent des sensations très différentes.
Ashi Age sous 5 formes.
Shintaijuku en avancant et en reculant, avec les deux sens de rotation.

Je me fais ensuite un peu de Maho dans le métro en allant et en revenant du boulot.

Je ne suis pas encore retourné au Yoga depuis mon retour à HK. J’ai senti une douleur au deltoïde droit pendant le séminaire qui est doucement remontée vers l’épaule et le cou et qui n’apprécierait pas (bizarrement je ne la sens pas en faisant les exercices d’Aunkai). J’espère pouvoir y retourner rapidement, ca devrait m’aider a m’assouplir et a mieux faire les exercices.

mardi 9 mars 2010

Aunkai / Akuzawa sensei - Tokyo Mars 2010

J’avais dit dans un précédent article que j’aurais aimé pratiquer une méthode comme l’Aunkai. Me connaissant c’était une phrase vide de sens : Akuzawa sensei est vivant, si tu veux pratiquer tu n'as qu’à te bouger les fesses. Du coup, nous sommes partis avec Fred à Tokyo ce week end pour rencontrer Akuzawa et découvrir sa methode de Bujutsu Tanren. Pour essayer de resituer la méthode, le plus simple est d’aller voir cet article sur l’excellent blog de Leo Tamaki (http://www.leotamaki.com/article-interview-akuzawa-minoru-le-maitre-de-la-force-interne-de-l-aunkai--40473411.html). Je n’ai pas la prétention de pouvoir être plus précis que ça.

Nous avons donc fait deux jours de cours privés + le cours normal du samedi soir, et ceci en grande partie grâce à Gerald, élève d’Akuzawa a Tokyo qui nous a traduit toutes les explications (et Dieu sait qu’elles sont nombreuses).

Ma première impression, c’est que je suis passé à côté de beaucoup de choses pendant mes 12 ans de pratique. Je savais déjà que je n’avais pas d’ancrage, que je manquais de relâchement et de connexions, etc. (c’est d’ailleurs pour ca que j’ai commencé le Yoga), mais je n’avais jamais ressenti quelque chose comme ça au contact. Akuzawa est littéralement imbougeable et ce sans être crispé et malgré ses 60kgs. Les clés ne fonctionnent pas sur lui, même appuyées et en étant à deux dessus (j’ai pourtant testé un Kote Gaeshi à 15% sur quelqu’un qui résistait ce matin, il est passé sans problème). Pire se faire toucher par lui, même doucement revient à perdre toute sa structure. Une sensation incroyable et que je suis heureux d’avoir expérimenté. Plus besoin de savoir si je crois ou non à ça, maintenant je sais (dommage par contre je sais pas faire).

Les exercices de l’école sont vraiment intéressants, et malgré quelques similitudes avec le Yoga (conscientisation du corps, alignement), je pense percevoir une vraie différence d’approche. Là où le Yoga semble rechercher tout de suite le relâchement, Aunkai cherche à construire les connexions a l’aide d’une tension, tension qu’il faudra faire disparaitre par la suite tout en gardant les connexions. Cela dit il est possible que je me plante complètement, tout ça est beaucoup trop récent dans ma tête et mon corps.

J’ai pu découvrir les exos à deux par la même occasion. J’avais juste vu ceux en solo sur le DVD jusque la. Les exos à deux je les avais vus sur Youtube et pour être honnête, je ne les avais pas compris. L’exercice de Push Out par exemple, me semblait très facile. Il est en réalité très difficile. Les premières fois j’étais littéralement bloqué et même maintenant ça passe parce que mes partenaires sont sympas.

Nous avons aussi eu la chance de pratiquer des exercices avec gants pour appliquer les principes. Pas facile, mais surtout dur physiquement. En particulier quand après 5h d’entrainement, on attaque le cours collectif à 18h avec ça, pour apprendre par la suite que le cours est en réalité de 19 a 21h (il finira à 21h30 finalement). Précis, technique, éreintant, mais avec un maitre survolté et très généreux dans son approche et des élèves tout aussi sympas. On a essayé de faire bonne figure pour ne pas s’effondrer, idem le dimanche. J’ai aussi découvert de nouvelles facons de frapper. Je ne les maitrise bien sur pas, mais des le lendemain j’ai commencé à avoir des sensations et j’aime beaucoup cette facon de faire. Le cours a fini avec des exercices de tuishou libres, finalement assez proche de la lutte où tout était permis pour essayer de faire tomber l’autre (sauf les frappes). Difficile de bouger les élèves dans l’ensemble. En particulier Manabu, bien connu des pratiquants français d’Aunkai : j’avais beau le tirer dans tous les sens, il a toujours réussi à garder sa position Maho.

Je suis content également d’avoir vu qu’il s’agissait de beaucoup plus qu’un simple travail en solo : restructuration corporelle oui, mais aussi distance, transfert de force, timing. Bref les bases dans leur intégralité.

On a vu beaucoup de choses ce week end et reçu beaucoup d’informations. Il va maintenant falloir travailler tout ca régulièrement, tous les jours. Progresser ne vient pas tout seul, il va falloir bosser pour arriver à quelque chose.

lundi 22 février 2010

Evolution de la pratique

Comme beaucoup de gens, ma pratique a évolué (et continue d’évoluer d’ailleurs) au cours des années. Quand je repense a ce qui m’a fait pousser la porte d’un dojo pour la première fois, il y a bientôt 12 ans, je m’aperçois que j’ai parcouru beaucoup de chemin. Positif ou non en termes de qualité de pratique je n’en sais rien, mais il y a eu un changement. Plusieurs même.

Savoir se défendre…
Au début, je ne connaissais rien aux Arts Martiaux. J’avais fait un peu de Judo étant enfant et ca s’arrêtait la. Je voulais apprendre à me défendre mais je ne savais pas où aller. Au début je comptais aller vers la Boxe Française et puis je suis tombé sur le Nihon Tai Jitsu au forum des sports de la ville. J’ai bien accroché à mon cours d’essai et je suis resté dans cette école depuis, malgré les déménagements successifs. C’était donc une pratique purement utilitaire.

Une pratique de collectionneur…
Au bout de quelques années, et a défaut d’avoir un enseignement régulier en NTJ, j’ai commence a « collectionner » les pratiques et surtout les techniques. En essayant de rester cohérent avec le NTJ bien sur. Au final je voulais être capable de gérer toutes les distances, avec ou sans armes. Ca m’a amené vers le JJB et vers les arts philippins notamment. Je me suis confronté à d’autres disciplines pour valider ce que je faisais et comprendre ce qui ne marchait pas le cas échéant. Pour moi a l’époque tout passait par la technique, celle-ci devait pouvoir répondre a toutes les situations. Comprendre les angles et les distances et agir en conséquence.

Aller plus loin
Aller plus loin en revenant a la base. J’ai fini par comprendre qu’accumuler des techniques sans un corps capable de les passer ne servait à rien. En particulier en vieillissant ca ne pouvait pas m’amener très loin sans un vrai travail de fond. Au cours des années, j’ai fondamentalement revu ma pratique. Je ne cherche plus à me défendre. De toute façon je ne vis pas dans un pays dangereux et passer autant de temps à se préparer à une agression qui n’arrivera jamais n’est pas très rentable. Aujourd’hui je cherche a mieux comprendre et a mieux utiliser mon corps. Tout simplement parce que je vais devoir me le trainer toute ma vie et tant qu’a faire je préférerais que ca se passe bien. L’Art Martial n’est donc plus qu’un moyen dans cette recherche de compréhension de la mécanique corporelle, et qui présente l’avantage par rapport au Yoga de travailler avec des partenaires : être structuré et déstructurer l’autre.

C’est donc une nouvelle étape qui s’annonce dans ma pratique, et manifestement pas la plus simple. Peut être la plus riche par contre. On verra dans 10 ans si ma pratique a pris un nouveau tournant !

lundi 8 février 2010

Les bases, les bases et encore les bases

J’ai essaye pas mal de styles ces dernières années, plus ou moins sérieusement selon les cas. Allant de plusieurs années pour certains a un ou deux séminaires pour d’autres. Ca m’a permis d’avoir une vision « technique » assez large sur ce qui se fait, et je pense que ca m’a fortement aidé à progresser.

Cependant, derrière tout cet attirail technique que j’ai pu récupérer, je sens de plus en plus un manque, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de la base. Dans l’ensemble, pour ce que j’ai pratiqué, je trouve que la base fondamentale est trop peu travaillée. Quand je parle de base, je ne parle pas des techniques de base comme on les travaille en Nihon Tai Jitsu (techniques de défenses par atemis, clés, projections sur des saisies de poignet et qui correspondent a la base technique du style), mais de bases corporelles : ancrage, relâchement, verticalité, structure. Pourtant, quand je vois des hauts gradés travailler, ils ont manifestement ces bases, probablement acquises a force de travailler les techniques.

Cela dit, malgré tout le travail que j’ai pu faire, je vois de plus en plus de lacunes dans ma pratique. Trop d’utilisation des bras, un manque d’ancrage certain et une forte propension à être trop penché vers l’avant lors de mes déplacements. Ceci ajouté à la souplesse d’un lampadaire ne peut pas faire de très bonnes choses au final… C’est pour cette raison que j’ai commencé le Yoga il y a deux mois et que je m’apprête à débuter l’Aunkai. Il est plus que temps que j’arrête d’essayer d’accumuler des techniques qui ne me serviront de toute façon a rien tant que je n’aurai pas un corps capable de les appliquer.

L’inconvénient maintenant c’est que certaines positions risquent d’être difficiles a prendre tant que je n’ai pas gagné en souplesse… La position Tenchijin par exemple est un véritable calvaire : impossible de descendre ne serait ce que les cuisses parallèles au sol sans perdre la verticalité du dos…

mardi 2 février 2010

2 mois de Yoga

Depuis 2 mois, je pratique de façon plus ou moins assidue le Yoga, c’est à dire que j’en fais entre 3 et 5 fois par semaine, a raison d’une heure par séance. Ca n’est pas énorme, mais ca me parait déjà un bon début pour progresser. Le Yoga n’étant de toute façon pas ma pratique principale, il ne fait pas partie de mes projets d’augmenter drastiquement la dose.

Il est trop tôt pour en tirer réellement des conclusions sur ma progression et son impact sur ma pratique. Comme tout travail sur le corps, il faut du temps pour percevoir des effets clairs. Cela étant dit, je perçois déjà un net mieux à divers niveaux :

Mentalement
J’ai été pas mal tendu ces derniers mois et je me sens aujourd’hui de plus en plus calme et relâché, en particulier quand je sors du cours. Les exercices ont surement un lien du fait qu’ils libèrent mes tensions physiques, mais je crois que le simple fait de me poser une heure sur un tapis, calmement, a respirer et a me concentrer sur mes sensations est a mon avis essentiel.

Physiquement
Je commence à mieux prendre conscience de mon corps. C’est loin d’être parfait (je reviens de loin) mais je comprends de mieux en mieux les alignements et je commence à réussir à relâcher mes membres. Je suis encore très loin du but mais il y a définitivement quelque chose.

Depuis deux semaines je vais également au cours hebdomadaire de Yin Yoga, dans lequel les positions sont tenues plus longtemps (1 a 3 minutes) afin de relâcher les tensions et d’assouplir les muscles en profondeur. J’avoue avoir beaucoup plus de mal avec ce cours. Je ne suis toujours pas prêt a relâcher mon corps complètement et je me retrouve régulièrement très contracté car j’ai probablement peur de descendre plus… Au final je sors du cours moins détendu qu’en y entrant ! Il va certainement me falloir encore plusieurs mois de pratique avant d’être naturellement relâché.

lundi 25 janvier 2010

Séminaire de FCS Kali avec Alexander Pisarkin

Découverte du FCS Kali ce week end a Hong Kong avec son représentant russe et quelques uns de ses élèves. J’avais vu pas mal de vidéos d’Alexander sur youtube et j’avoue avoir saute sur l’occasion pour voir tout ca de plus près.

Le stage s’est tenu sur deux jours, a raison de 5h par jour environ. Le premier jour s’est focalise sur un travail de bases mains nues contre couteau:
- tapping
- tapping + contrôle du bras
- 9 angles d’attaque du Sayoc + tapping

Un gros travail a été fait sur les déplacements, et j’ai pu constater a plusieurs reprises que j’ai une fâcheuse tendance à être trop penché vers l’avant. Définitivement le yoga ne peut que m’être bénéfique… Certains angles d’attaque se faisant avec des feintes, on s’aperçoit vite que même si l’attaque est faite lentement, il est assez difficile de la comprendre assez vite. Pas simple.

Le dimanche, nous sommes repartis sur les mêmes bases, avant de passer a couteau contre couteau. Exercices d’esquives en ne bougeant que le corps sur les 5 angles de base (4 diagonales + pique) en alternance, puis même chose avec une personne qui fait ces 5 angles pendant que l’autre utilise les 9 du Sayoc. Les coupes se font en haut et en bas ce qui a le mérite de faire pas mal bosser les jambes. On a ensuite fait évoluer l’exercice de sorte a ce que l’esquive et le contre se fassent dans le même temps.

On est ensuite passe sur une évolution du travail de tapping sur les 9 angles du Sayoc avec couteau. Chaque angle pouvant amener a un « Happy end ». Par exemple, j’amène mon partenaire sur le dos, il essaie de bloquer la lame pour ne pas se faire planter, j’appuie sur le bras a l’aide de mon genou en laissant tomber tout mon corps… Un travail très intéressant, mais j’avoue ne pas avoir accroché les techniques en elles-mêmes, trop bourrines et en force a mon gout. Autant j’ai trouve le travail de sensation et de déplacements du premier jour très intéressant, autant les applications m’ont un peu moins convaincu.

Enfin on a travaillé quelques désarmements, et j’ai été content d’en découvrir un que je n’avais jamais vu (alors qu’on revoit quand même souvent plus ou moins les mêmes choses).

Un stage sympathique donc, avec une équipe russe très agréable et compétente (c’était bourrin sur certaines techniques certes mais avec tout de même un très bon niveau général et un vrai souci d’efficacité). Ca m’a confirmé pas mal d’erreurs que je fais (notamment dans mes alignements) et montré une approche légèrement différente du combat au couteau. Un bon week end en résumé.